Le Tibouren

Note du Petit Paumé

4,47 / 5

Ouvert aujourd'hui de 12h à 13h30

Le chef présente gaiement à chaque table les plats du menu et leurs phases de préparation. Il porte autant d'attention à l'élaboration des associations qui les composent qu'à leur explication. Avenant, il crée une ambiance conviviale et rend le moment de la commande aussi agréable que celui de la dégustation. À la Guillotière se cachent des restaurants qui mettent les petits plats dans les grands.

D’entrée, le chef décrit la carte qu’il a élaborée le matin même au gré des produits du marché. Bortsch à la mozzarella, souris d’agneau au miel, crumble aux pommes et sa mousse surprenante... Je ne parviens pas à assimiler toutes ces recettes. Ce que je retiens ? Un régal, mais j’en aurais bien mangé un tibou de plus.

Un menu détaillé et expliqué amoureusement par le chef, un service impeccable et attentionné, un cocktail innovant, des produits frais jusqu’aux herbes cueillies la veille, des prix abordables… C’est magnifique. Sur l'ardoise, une souris d'agneau confite au miel, un risotto d’asperges, un incroyable pain perdu à la cannelle. On ne peut rien demander de plus et seulement dire qu’on a rarement vu si grand chef dans si petit restaurant.

Une vingtaine de couverts. 30 m2 tout au plus. 40°C près des cuisines. Un chef en nage qui présente un menu changeant selon les aléas du temps. Le Tibouren est un trésor du terroir qui accompagne d'un puissant Côtes-du-Rhône son léger gâteau roulé à la betterave et une souris d'agneau tendre à souhait. Typique, authentique, intimiste, gourmand, simple, passionnant, enivrant, c'est finalement tout ce que je demande d'un bon restaurant.

Napoléon disait ≪ la grandeur ne réside pas dans la taille ≫. Le Tibouren le prouve. C'est dans une petite salle au petit nombre de couverts que l'on nous apporte une petite carte qui change chaque semaine. Le chef livre ces petits détails qui font l'excellence des grands plats, comme le saumon fumé sur place au bois de hêtre. Une grande convivialité et une grande justesse dans les plats conduisent tout naturellement à un grand RPPP. Finalement Napoléon avait vu juste.

Il est de ces établissements que vous n’oubliez pas. Pour échapper à une tempête de neige, j’entrai par hasard au Tibouren. Serré aux autres convives, j’écoutai le chef décrire passionnément ce qu’il avait concocté ce soir-là. J’optai finalement pour les gougères au boudin et le duo de veau. Rarement je n’ai autant apprécié ce que l’on m'a servi. Délicate, raffinée et authentique, la cuisine du Tibouren m'a réchauffé et mis en joie avant de repartir affronter le froid glacial.

Mais vous savez, moi, je ne crois pas qu'il y ait de bonnes ou de mauvaises adresses. Moi, si je devais résumer ce restaurant, aujourd'hui avec vous, je dirais que c'est d´abord une rencontre, celle du chef qui vous explique ses plats avec précision. Celle surtout du menu qui n’est qu’amour et qui s’adapte aux arrivages du marché. Et finalement, je dirais qu’ici, du vin au dessert, tout n’est qu’originalité et que le gratin de fraises à la nougatine est désormais ma raison de vivre.

Avant, je changeais d’homme comme de chemise. La routine n’était pas faite pour moi. Puis, il y a trois ans maintenant, je l’ai rencontré et depuis je ne l’ai plus quitté. Pétillant et chaleureux, il m’accueille toujours avec le sourire. Chaque jour, il me surprend puisque sa carte change quotidiennement. Hier, j’ai succombé aux ravioles de morue, aujourd’hui à l’agneau au miel… Demain, que cuisinera-t-il ? Pour le savoir, réservez vite votre table car mon homme est très demandé.

Ce soir, pas d’orage à l'horizon, je suis en confiance dans ce cadre simple et tempéré. Je plane le temps d’un saumon mariné avec son caviar d’aubergine. Au trio de poissons et gambas, je décolle avec légèreté. Un chaud-froid de framboises plus tard, et je m'envole déjà au septième ciel. Accompagné par le jazz de Django, je suis sur un nuage. Et je ne me brûle pas les ailes au moment de payer. Voilà un restaurant qui m'a mis sur orbite !

Chevauchant avec deux de mes mousquetaires affamés, nous pénétrons dans cette minuscule taverne. En garde ! Le tenancier de ces lieux dégaine derechef une soupe de poisson à vous damner un Cardinal. Diantre ! La partie s’annonce gustative. Après un rude duel, ce coquin esquisse une botte secrète, un onglet de veau aussi tendre que la croupe d’une ribaude suivi d’un vacherin maison. Halte Milady, nous sommes vaincus ! Et pour nous repaître dans ce riche lieu, il ne nous en coûtera que quelques écus. Un pour tous, Tibouren !


Adresse

  • 16 Rue de Bonald
  • 69007 Lyon

Horaires

  • Lundi : 12h-13h30 | 20h-21h30
  • Mardi : 12h-13h30
  • Mercredi : 20h-21h30
  • Jeudi : 12h-13h30 | 20h-21h30
  • Vendredi : 20h-21h30
  • Samedi : 20h-21h30
  • Dimanche : Fermé

Indisponible

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