Lyon et ses Merveilles : Quelques anecdotes sur les ponts de la Saône - 03/03/2021

Après avoir découvert quelques anecdotes sur les ponts qui longent le Rhône. Voici l’histoire de ceux qui traversent la Saône et qui n’ont pas moins vécu...

Le pont bonaparte

Lyon et ses Merveilles : Quelques anecdotes sur les ponts de la Saône -0

source image : mstecker.com

Ce pont, qui relie Bellecour à Saint Jean, était entre 1634 et 1642 un pont en bois porté par neuf piles solidaires. Ce pont à péage, systématiquement abîmé par les hivers rudes de la cité et les crues importantes, a dû être reconstruit à plusieurs reprises, les dégâts empêchant tout passage.

Finalement en 1807, après que plusieurs projets de construction se sont succédé, un nouveau pont est construit. Le conseil municipal baptise l'ouvrage pont Tilsitt. Mais le pont construit est trop bas et ses arches trop rapprochées, ce qui pose problèmes durant les crues de 1856. La loi de 1858 sur les travaux de défense contre les inondations justifie alors sa démolition et un nouveau pont identique est alors construit à cet emplacement.

Malheureusement ce pont est dynamité en 1944 par les Allemands. Toutes les arches s’écroulent, entraînant une pile dans la rivière. Entièrement reconstruit en 1946, en béton armé, les arches et les piles sont recouvertes d’un revêtement de pierres afin de respecter le caractère patrimonial du quartier. Les parapets sont en pierres d’Hauteville, carrières qui ont fourni les pierres de l'Empire State Building à New York.

Le pont au parapet ajouré, tel que nous le voyons aujourd’hui, comporte une grande arche centrale de 67,50 mètres et deux arches latérales de 25,75 mètres. Il a une chaussée de 21 mètres de large dont deux trottoirs de 4,50 mètres et une longueur de 124 mètres. Ce nouveau pont est terminé en 1950. Il prend le nom de pont Bonaparte en 1964.

Le pont de la feuillée

Lyon et ses Merveilles : Quelques anecdotes sur les ponts de la Saône -1

source image : structurae.net

Ce pont franchit la Saône du quai de la Pêcherie au quai de Bondy.

La Compagnie Girardon devait constamment réparer le pont Saint-Vincent, peu solide, qui datait de 1777. En 1827, la compagnie obtient par ordonnance royale le droit de reconstruire un nouveau pont plus en aval. C’est le premier pont de la Feuillée, construit en 1831. Par la même ordonnance elle obtient également le droit d’implanter une passerelle, à l’emplacement de l’ancien pont, qui prendra le nom de passerelle Saint Vincent. Cette passerelle et celle de l'Homme de la Roche sont d’ailleurs les seuls ponts à ne être détruits par les Allemands lors de leur retraite le 2 septembre 1941.

Les piles de ce pont suspendu soutenant les extrémités étaient situées très près de la rive afin de faciliter la navigation. Ouvert en 1831, il rencontre dès 1840 de graves problèmes dus à une malfaçon. En effet, la compagnie ayant réduit la hauteur au-dessus des eaux de 20 centimètres, les hautes eaux entraînent les bateaux qui heurtent le tablier du pont. Le pont reste fermé plus d’un an. En 1910 il est remplacé par un pont métallique.

Malheureusement, il est presque entièrement détruit en 1944. L’arche centrale s’écroule et tombe dans la Saône entraînant les piles du pont. On le reconstruit une nouvelle fois et il est inauguré en 1949. Les piles du pont, recouvertes de pierre de taille, sont également proches des rives et le tablier est en acier. Cette fois-ci, il comporte une travée centrale et deux latérales, plus petites, telles qu’on peut les voir aujourd’hui.

La passerelle du palais de justice

Lyon et ses Merveilles : Quelques anecdotes sur les ponts de la Saône -2

source image : lyon-france.com

Cette passerelle part du quai des Célestins, et rejoint la place Paul Duquaire, devant le Palais de Justice.

Son histoire commence en 1778, lorsque le pont de l’Archevêché, alors en très mauvais état, est fermé et démoli. Le premier ouvrage réalisé à cet emplacement est un pont de bateaux constitué de douze embarcations de quinze mètres de long. En 1795, il ne résiste pas aux glaces charriées par la Saône qui l'emportent. Un nouveau pont de bois, à péage, est alors construit.

En 1820, il est endommagé par les retombées d’un feu d’artifice. En 1824, des piles du pont sont également abîmées par les crues. Fragilisé et résistant de plus en plus mal aux intempéries, il est remplacé en 1833 par un pont suspendu de 90 mètres de portée, construit par la Compagnie Seguin. Ce nouveau est emporté par la crue de 1840 puis reconstruit.

En 1944, comme la grande majorité des ponts lyonnais, il est en partie détruit par les forces allemandes. Il est alors réparé et ouvert en 1945 avant d’être définitivement démoli en 1972. En effet, on imagine tout d’abord que le pont Maréchal Juin est suffisant pour assurer la liaison entre la presqu’île et la place. Mais la population insiste pour qu’un nouveau pont soit construit et le conseil municipal décide finalement de construire une passerelle uniquement pour les piétons.

Le projet de l’architecte urbaniste Charles Delfante est retenu et l’ouvrage de 126 mètres de long et 4 mètres de large voit le jour en 1982. Cette élégante passerelle au pylône unique auquel sont rattachés les câbles soutenant le tablier, est très fréquentée par les Lyonnais et les touristes qui ont, de ce lieu, une magnifique vue sur la Croix-Rousse et la vallée de la Saône.

Le pont d’ainay

Lyon et ses Merveilles : Quelques anecdotes sur les ponts de la Saône -3

source image : numelyon-bm.fr

Disparu car non reconstruit après sa destruction en 1944, il portait ce nom depuis le XVIIe siècle car il unissait le quartier du même nom à celui de Saint Georges. On peut encore voir la trace du départ des arches sur les quais Tilsitt et Fulchiron.

Alice

Lyon et ses Merveilles : Quelques anecdotes sur les ponts de la Saône

Lyon et ses Merveilles : Quelques anecdotes sur les ponts de la Saône
Redécouvrir Lyon - 03/03/2021 00:00:00

Après avoir découvert quelques anecdotes sur les ponts qui longent le Rhône. Voici l’histoire de ceux qui traversent la Saône et qui n’ont pas moins vécu...

Le pont bonaparte

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source image : mstecker.com

Ce pont, qui relie Bellecour à Saint Jean, était entre 1634 et 1642 un pont en bois porté par neuf piles solidaires. Ce pont à péage, systématiquement abîmé par les hivers rudes de la cité et les crues importantes, a dû être reconstruit à plusieurs reprises, les dégâts empêchant tout passage.

Finalement en 1807, après que plusieurs projets de construction se sont succédé, un nouveau pont est construit. Le conseil municipal baptise l'ouvrage pont Tilsitt. Mais le pont construit est trop bas et ses arches trop rapprochées, ce qui pose problèmes durant les crues de 1856. La loi de 1858 sur les travaux de défense contre les inondations justifie alors sa démolition et un nouveau pont identique est alors construit à cet emplacement.

Malheureusement ce pont est dynamité en 1944 par les Allemands. Toutes les arches s’écroulent, entraînant une pile dans la rivière. Entièrement reconstruit en 1946, en béton armé, les arches et les piles sont recouvertes d’un revêtement de pierres afin de respecter le caractère patrimonial du quartier. Les parapets sont en pierres d’Hauteville, carrières qui ont fourni les pierres de l'Empire State Building à New York.

Le pont au parapet ajouré, tel que nous le voyons aujourd’hui, comporte une grande arche centrale de 67,50 mètres et deux arches latérales de 25,75 mètres. Il a une chaussée de 21 mètres de large dont deux trottoirs de 4,50 mètres et une longueur de 124 mètres. Ce nouveau pont est terminé en 1950. Il prend le nom de pont Bonaparte en 1964.

Le pont de la feuillée

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source image : structurae.net

Ce pont franchit la Saône du quai de la Pêcherie au quai de Bondy.

La Compagnie Girardon devait constamment réparer le pont Saint-Vincent, peu solide, qui datait de 1777. En 1827, la compagnie obtient par ordonnance royale le droit de reconstruire un nouveau pont plus en aval. C’est le premier pont de la Feuillée, construit en 1831. Par la même ordonnance elle obtient également le droit d’implanter une passerelle, à l’emplacement de l’ancien pont, qui prendra le nom de passerelle Saint Vincent. Cette passerelle et celle de l'Homme de la Roche sont d’ailleurs les seuls ponts à ne être détruits par les Allemands lors de leur retraite le 2 septembre 1941.

Les piles de ce pont suspendu soutenant les extrémités étaient situées très près de la rive afin de faciliter la navigation. Ouvert en 1831, il rencontre dès 1840 de graves problèmes dus à une malfaçon. En effet, la compagnie ayant réduit la hauteur au-dessus des eaux de 20 centimètres, les hautes eaux entraînent les bateaux qui heurtent le tablier du pont. Le pont reste fermé plus d’un an. En 1910 il est remplacé par un pont métallique.

Malheureusement, il est presque entièrement détruit en 1944. L’arche centrale s’écroule et tombe dans la Saône entraînant les piles du pont. On le reconstruit une nouvelle fois et il est inauguré en 1949. Les piles du pont, recouvertes de pierre de taille, sont également proches des rives et le tablier est en acier. Cette fois-ci, il comporte une travée centrale et deux latérales, plus petites, telles qu’on peut les voir aujourd’hui.

La passerelle du palais de justice

Lyon et ses Merveilles : Quelques anecdotes sur les ponts de la Saône -2

source image : lyon-france.com

Cette passerelle part du quai des Célestins, et rejoint la place Paul Duquaire, devant le Palais de Justice.

Son histoire commence en 1778, lorsque le pont de l’Archevêché, alors en très mauvais état, est fermé et démoli. Le premier ouvrage réalisé à cet emplacement est un pont de bateaux constitué de douze embarcations de quinze mètres de long. En 1795, il ne résiste pas aux glaces charriées par la Saône qui l'emportent. Un nouveau pont de bois, à péage, est alors construit.

En 1820, il est endommagé par les retombées d’un feu d’artifice. En 1824, des piles du pont sont également abîmées par les crues. Fragilisé et résistant de plus en plus mal aux intempéries, il est remplacé en 1833 par un pont suspendu de 90 mètres de portée, construit par la Compagnie Seguin. Ce nouveau est emporté par la crue de 1840 puis reconstruit.

En 1944, comme la grande majorité des ponts lyonnais, il est en partie détruit par les forces allemandes. Il est alors réparé et ouvert en 1945 avant d’être définitivement démoli en 1972. En effet, on imagine tout d’abord que le pont Maréchal Juin est suffisant pour assurer la liaison entre la presqu’île et la place. Mais la population insiste pour qu’un nouveau pont soit construit et le conseil municipal décide finalement de construire une passerelle uniquement pour les piétons.

Le projet de l’architecte urbaniste Charles Delfante est retenu et l’ouvrage de 126 mètres de long et 4 mètres de large voit le jour en 1982. Cette élégante passerelle au pylône unique auquel sont rattachés les câbles soutenant le tablier, est très fréquentée par les Lyonnais et les touristes qui ont, de ce lieu, une magnifique vue sur la Croix-Rousse et la vallée de la Saône.

Le pont d’ainay

Lyon et ses Merveilles : Quelques anecdotes sur les ponts de la Saône -3

source image : numelyon-bm.fr

Disparu car non reconstruit après sa destruction en 1944, il portait ce nom depuis le XVIIe siècle car il unissait le quartier du même nom à celui de Saint Georges. On peut encore voir la trace du départ des arches sur les quais Tilsitt et Fulchiron.

Alice

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