#LePéloPerplexe : Pourquoi trouve-t-on des madones nichées au coin des rues ? - 26/02/2021

source image icône : Le Tout Lyon

Les madones, ce sont ces statues de la Vierge Marie que l’on retrouve un peu partout à l’angle de nos maisons lyonnaises. Dans les quartiers ouvriers, au détour d’une ruelle du Vieux Lyon ou près des églises, les madones de Lyon veillent sur la ville. Mais d’où viennent-elles ? Qui est à l’origine de leur construction ? Et pourquoi sont-elles si présentes ?

Tête levée et yeux grands ouverts, le Petit Paumé a retracé leur histoire.

Un attachement filial entre les Lyonnais et la Vierge Marie

Alors que l’Eglise catholique célèbre l’Immaculée Conception depuis 1854, c’est dès le XIIème siècle que les lyonnais lui rendent ce culte, à l’époque de la construction de l’abbaye d’Ainay et de la cathédrale Saint-Jean. Trois épisodes de l’histoire de la ville viennent soutenir ce vif attachement : en 1643, face à la menace de la peste, les échevins consacrent la ville à Marie ; en 1832, on se tourne à nouveau vers la Vierge lors d’une épidémie de choléra ; enfin, en 1870, on la supplie d’épargner Lyon de l’invasion des Prussiens.

Ce culte envers la Vierge Marie a poussé quelques artistes anonymes lyonnais à dresser des statues et niches sur les façades des immeubles. Ce n’est donc pas l’Eglise à l’origine de leur construction, mais bien la foi affirmée et l’élan missionnaire de quelques artistes.

Une floraison des statues multiséculaire

Au XVIIème siècle, Lyon possède neuf couvents d’hommes et onze de femmes qui participent activement à la création de statues religieuses. Sur ces maisons conventuelles, on privilégie les niches en façade permettant une visibilité accrue. Dans cette ville aux maisons sans numéro, les statues étaient un moyen de les distinguer et d’identifier les habitations.

Vers la seconde moitié du XVIIIème siècle, on assiste aux opérations d’urbanisme menées par Perrache et Morand notamment, encourageant de plus en plus le décor sur la façade. En découle alors l’installation de nouvelles statues.

Les rénovations urbaines du XIXème siècle vont à leur tour transformer les tracés sinueux de la ville pour favoriser des voies de circulation plus larges et plus rectilignes. Les immeubles deviennent eux aussi plus réguliers et leurs façades sont davantage ornées pour répondre aux aspirations de la bourgeoisie.

Aujourd’hui, les emplacements de statues recensés datent majoritairement du XIXème siècle et beaucoup sont vides, détruites notamment par les intempéries. On en comptait 400 au début du XXème siècle, moitié moins aujourd’hui. Mais la volonté des lyonnais, même non croyants, de conserver leur riche patrimoine pousse le Diocèse de Lyon à lancer en 2008 une initiative « Notre-Dame du Coin de la Rue ». Celle-ci a pour volonté d’engager, avec les propriétaires des immeubles concernés, des opérations de rénovation, de restauration et de mise en valeur des niches et statues réparties sur son territoire. L’association Les Madones de lyon en plus de soutenir cette action, a lancé en 2017 un concours de sculptures contemporaines pour redonner vie à certaines niches remarquables en accord avec les propriétaires.

Généralement à la gloire de la Vierge Marie, d’autres Saints sont à l’honneur comme Saint Martin au 34 rue Vaubecour ou bien Saint Pierre dans la montée du Gourguillon. N’hésitez pas à tous les découvrir sur ce plan !

Mathilde

#LePéloPerplexe : Pourquoi trouve-t-on des madones nichées au coin des rues ?

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Redécouvrir Lyon - 26/02/2021 00:00:00

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Les madones, ce sont ces statues de la Vierge Marie que l’on retrouve un peu partout à l’angle de nos maisons lyonnaises. Dans les quartiers ouvriers, au détour d’une ruelle du Vieux Lyon ou près des églises, les madones de Lyon veillent sur la ville. Mais d’où viennent-elles ? Qui est à l’origine de leur construction ? Et pourquoi sont-elles si présentes ?

Tête levée et yeux grands ouverts, le Petit Paumé a retracé leur histoire.

Un attachement filial entre les Lyonnais et la Vierge Marie

Alors que l’Eglise catholique célèbre l’Immaculée Conception depuis 1854, c’est dès le XIIème siècle que les lyonnais lui rendent ce culte, à l’époque de la construction de l’abbaye d’Ainay et de la cathédrale Saint-Jean. Trois épisodes de l’histoire de la ville viennent soutenir ce vif attachement : en 1643, face à la menace de la peste, les échevins consacrent la ville à Marie ; en 1832, on se tourne à nouveau vers la Vierge lors d’une épidémie de choléra ; enfin, en 1870, on la supplie d’épargner Lyon de l’invasion des Prussiens.

Ce culte envers la Vierge Marie a poussé quelques artistes anonymes lyonnais à dresser des statues et niches sur les façades des immeubles. Ce n’est donc pas l’Eglise à l’origine de leur construction, mais bien la foi affirmée et l’élan missionnaire de quelques artistes.

Une floraison des statues multiséculaire

Au XVIIème siècle, Lyon possède neuf couvents d’hommes et onze de femmes qui participent activement à la création de statues religieuses. Sur ces maisons conventuelles, on privilégie les niches en façade permettant une visibilité accrue. Dans cette ville aux maisons sans numéro, les statues étaient un moyen de les distinguer et d’identifier les habitations.

Vers la seconde moitié du XVIIIème siècle, on assiste aux opérations d’urbanisme menées par Perrache et Morand notamment, encourageant de plus en plus le décor sur la façade. En découle alors l’installation de nouvelles statues.

Les rénovations urbaines du XIXème siècle vont à leur tour transformer les tracés sinueux de la ville pour favoriser des voies de circulation plus larges et plus rectilignes. Les immeubles deviennent eux aussi plus réguliers et leurs façades sont davantage ornées pour répondre aux aspirations de la bourgeoisie.

Aujourd’hui, les emplacements de statues recensés datent majoritairement du XIXème siècle et beaucoup sont vides, détruites notamment par les intempéries. On en comptait 400 au début du XXème siècle, moitié moins aujourd’hui. Mais la volonté des lyonnais, même non croyants, de conserver leur riche patrimoine pousse le Diocèse de Lyon à lancer en 2008 une initiative « Notre-Dame du Coin de la Rue ». Celle-ci a pour volonté d’engager, avec les propriétaires des immeubles concernés, des opérations de rénovation, de restauration et de mise en valeur des niches et statues réparties sur son territoire. L’association Les Madones de lyon en plus de soutenir cette action, a lancé en 2017 un concours de sculptures contemporaines pour redonner vie à certaines niches remarquables en accord avec les propriétaires.

Généralement à la gloire de la Vierge Marie, d’autres Saints sont à l’honneur comme Saint Martin au 34 rue Vaubecour ou bien Saint Pierre dans la montée du Gourguillon. N’hésitez pas à tous les découvrir sur ce plan !

Mathilde

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